Puissent  l’Afrique et l’Afrodescendance renouer avec l’Excellence à la faveur de la génération naissante et montante.

Les éditions MAKEDA SABAS ont vu le jour au cours d’une période allant de novembre 2012 à février 2013. Elles sont le fruit des pensées d’Isis Assata Anta SABAS MAKEDA MAKANDA, de Kam Kama SABAS MAKEDA MAKANDA et des constants échanges de celui-ci avec son frère Setep en Atoum Sa Ousyrê Nesut Bwity.

L’ambition des éditions MAKEDA SABAS est de vulgariser la vraie histoire de l’Afrique et de l’Afrodescendance2, (livres, calendriers, jeux de cartes, posters, tee-shirts, …), en priorité auprès de la jeunesse, notre Avenir.

Il était temps.

Pourquoi, individuellement comme collectivement, n’avons-nous pas perçu beaucoup plus tôt cette impérieuse ambition dans la perspective de la Renaissance Africaine et Afrodescendante ? Pourquoi moins de 0,0001 % des livres portant sur la vraie histoire de l’Afrique et de l’Afrodescendance –Afrique unique berceau de la Civilisation- s’adressent à notre jeunesse ? A l’inverse, pourquoi presque 100 % des livres portant sur la vraie histoire de l’Afrique et de l’Afrodescendance s’adressent aux adultes ? Pourquoi de nombreux adultes considèrent que l’on ne peut pas présenter nos grands penseurs à un enfant de moins de 12 ans ? Pourquoi ceux qui ont lu Cheikh Anta DIOP sont nombreux à ne pas faire état, dans l’éducation de leurs enfants, des travaux et réflexions du professeur Cheikh Anta DIOP ? Est-ce parce qu’ils considèrent que ce penseur africain n’est pas au nombre des priorités dans le développement intellectuel et moral de leurs enfants au même titre que Montesquieu ou Platon ? Ou plus simplement, notre aliénation séculaire n’est-elle pas beaucoup plus profonde qu’on ne l’imagine ? etc.

Questions fondamentales qui suggèrent que notre compréhension individuelle et collective des aspects structurants de notre monde demeure légère, même après plusieurs années de lecture et relecture des grands penseurs ou historiens africains et afrodescendants : Edward Wilmot Blyden, Joseph Anténor FIRMIN, Bénito SYLVAIN, William Edward Burghardt Du Bois, Marcus Mosiah GARVEY, Cheikh Anta DIOP, Théophile Mwené Ndzalé OBENGA, Mubabinge BILOLO, Aboubacry Moussa LAM, Babacar SALL, Oruno D. LARA, George Granville Monah JAMES, Walter RODNEY, Aimé CESAIRE, Suzanne ROUSSY CESAIRE, Léon Gontran DAMAS, LANGSTON Hugues, Kwamé NKRUMAH, Patrice LUMUMBA, Ruben Um NYOBE, Sékou TOURE, Samora MACHEL, Thomas SANKARA, Nelson Madiba MANDELA, Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela dite Winnie MANDELA, Moléfi Kete ASANTE, Martin Luther KING, Malcom X, Frantz FANON, Doumbi FAKOLY, MBOG BASSONG, Jean-Charles Coovi GOMEZ, Niousséré Kalala OMOTUNDE, Ama MAZAMA, Maryse CONDE, Jean-Pierre KAYA, René Louis ETILE, Grégoire BIYOGO, Thibeaud OBOU, Christiane TAUBIRA, ….

A la légèreté fait place l’incompréhension totale desdits aspects lorsqu’on considère la très grande majorité des Africains et Afrodescendants, lesquels ont essentiellement comme base de connaissance l’enseignement scolaire élaboré par l’élite occidentale impérialiste d’une part et les informations diffusées par ses médias d’autre part. Précisons que cette profonde incompréhension est observable aussi bien chez ceux qui ont reçu un simple enseignement élémentaire que chez ceux qui sont diplômés de l’enseignement supérieur ; en clair, les études supérieures ne prémunissent pas contre les manipulations intellectuelles ou contre la désinformation. Par ailleurs, c’est en général dans le groupe qui ne connaît pas véritablement la vraie histoire de l’Afrique que l’on va identifier les individus qui, sans arrière-pensées le plus souvent, vont accepter le diktat de l’étranger, vont faire allégeance, vont accepter le sort que les puissants leur réservent ; cela, parfois en contrepartie de certains avantages substantiels (telles des rémunérations vertigineuses issues du détournement de fonds publics), hypothéquant le droit des générations futures -dont leur propre descendance- à présider aux destinées de l’humanité. Ces individus réservent donc à leurs propres enfants au mieux un avenir de subordonnés dont le bien-être peut être remis en cause à tout moment par les puissants ; au pire, ils leur réservent un avenir de biens meubles. Leur prétendu amour immodéré pour leurs propres enfants produit en réalité le plus grand malheur de ceux-ci et cela depuis au moins 500 ans ; il leur semble impossible de tirer les leçons de l’histoire, les erreurs sont répétées de génération en génération.

L’incompréhension légère ou totale dont nous parlons au sein de la communauté africaine et afrodescendante en général s’exprime par le fait que les actes posés par ce groupe, par exemple depuis l’abolition de l’esclavage des Nègres en Occident ou depuis les « indépendances africaines », n’ont pas contribué à lui faire globalement quitter le bas de l’échelle sociale des sociétés dans lesquelles vivent ses membres ; la position de subordination de ceux-ci demeure pour l’essentiel, que ce soient en Afrique, aux Amériques ou en Europe et quelle que soit leur nationalité. Depuis au moins 500 ans, les générations qui se succèdent se situent globalement au bas de l’échelle sociale, en position de subordination à travers le monde. Barack OBAMA peut être vu comme « l’arbre qui cache la forêt ». En effet, l’homme est brillant et probablement sans équivalent au poste de la magistrature suprême de la plus grande puissance au monde ; en cela, nous comprenons parfaitement que pour la première fois depuis que l’Occident a conquis la planète, les « petites têtes crépues » d’Afrique, des Amériques et d’ailleurs peuvent être fières d’avoir elles aussi une référence suprême qui leur ressemble ; ce qui est fondamental pour leur projection personnelle future.

Toutefois, comme ses prédécesseurs à la magistrature suprême, Barack OBAMA ne dirige pas les Etats-Unis d’Amérique, il n’est que le porte-parole des lobbies de la finance, de l’armement, du spatial, de la cigarette, des médias, du pétrole, des nouvelles technologies, du show-biz … ; lobbies dans lesquels les Afro-américains sont en nombre insignifiant et donc sans réelle influence.

Cependant la ligne éditoriale des éditions MAKEDA SABAS vise à répondre à une unique grande question dans l’optique, non pas de déplorer, mais de construire, ce qui le plus important : « Que doivent faire en priorité l’Afrique et l’Afrodescendance pour renouer prochainement avec l’Excellence ?

Pour René DUMONT, dès l’aube des « indépendances », l’Afrique noire était mal partie parce qu’elle avait privilégié les cultures d’exportation (cacao, café, etc.) aux dépens des cultures vivrières (mil, manioc, riz, igname, …). Constat « frappé au coin du bon sens ».

Toutefois, aux éditions MAKEDA SABAS, nous pensons qu’ « avoir le ventre plein » ne suffira nullement à l’Afrique pour qu’elle renoue avec l’Excellence. Il lui faudra aussi et surtout « avoir la tête pleine ». Par là nous entendons que, comme par exemple la Chine, l’Inde, la Corée du sud ou l’Iran, l’Afrique et l’Afrodescendance doivent à tous prix s’employer à reprendre le contrôle de leur système éducatif au sens large, c’est-à-dire scolaire certes, mais aussi et surtout familial ; elles doivent aussi contrôler leur système médiatique.

En cela, l’Afrique et l’Afrodescendance auront placé au centre de leur système éducatif et médiatique (système informationnel) les travaux les plus scientifiques qui soient démontrant que l’Afrique est le « berceau et le lit de la Civilisation ». Ceci parce que l’Asie au travers de la Mésopotamie à Sumer n’est pas le berceau de la civilisation, et encore moins l’Europe au travers de la Grèce antique. L’Asie ou l’Europe comme berceau de la civilisation repose sur une immense falsification de l’histoire de l’humanité3, élaborée au cours de la conquête militaire de la planète par l’Europe à partir du XV ème siècle ; ceci, afin de justifier son projet de main basse sur les richesses du monde4 et ainsi sortir de son sous-développement millénaire.

C’est par conséquent à partir du contrôle de leur système éducatif et médiatique que, dès la génération naissante et montante, l’Afrique et l’Afrodescendance seront à même de reprendre le chemin de l’Excellence, de la Renaissance. Tout groupe humain qui veut maîtriser son existence doit contrôler son système éducatif. Ayons à l’esprit que ceci n’est pas chose aisée dans l’univers de guerres ou de barbarie qu’est le nôtre. Néanmoins notre sens de la dignité, notre humanité, notre amour des nôtres, notre détermination sans failles, notre ingéniosité ou intelligence sans bornes sont tout autant de forces, d’énergies dont nous sommes dotés pour relever tous les défis avec brio. L’ingéniosité notamment est la puissance grâce à laquelle il est possible de mobiliser et de fédérer les énergies jusque-là atones, éparses ou mises à profit à son détriment ; la mobilisation du plus grand nombre est le meilleur rempart contre toute agression. Il n’y a pas par conséquent de problème sans solution, selon le principe des contraires inhérent à notre monde.

 

Dès lors, nous -les Aînées et Aînés- avons l’éminente mission d’assurer à la génération naissante et montante la pleine connaissance de soi. Eminente mission qui est en fait une responsabilité ou obligation suprême, fondée de manière ultime par notre amour immodéré pour les nôtres, pour nos enfants, petits-enfants et suivants ; ceux-ci sont ce que nous avons de plus cher au monde, ils sont notre raison de vivre, ce pour quoi ils méritent que nous leur offrions l’Excellence.

Une des deux grandes bases de la connaissance de soi est l’Histoire, c’est-à-dire la somme des faits expliquant l’évolution des sociétés humaines ; en cela, la connaissance de l’Histoire aide un groupe humain à mieux bâtir son futur. L’autre base de la connaissance de soi est la Religion ou la Spiritualité, elle est aussi une représentation globale de notre monde, de notre existence, de notre raison d’être, mais elle repose davantage de nos jours sur des croyances ou convictions que sur des faits ; elle n’en est pas moins fondamentale, comme l’ont souligné à juste titre des penseurs tels que Doumbi FAKOLY, MBOG BASSONG, Mubabinge BILOLO, Jean-Charles Coovi GOMEZ, Niousséré Kalala OMOTUNDE et Ama MAZAMA.

La connaissance de soi est, sur les plans tant individuel que collectif, le levier à partir duquel l’on acquiert l’estime de soi, la confiance en soi et au final la totale créativité ou inventivité.

La totale créativité consiste à trouver des solutions à tous les problèmes de l’existence, à innover constamment : pour un entrepreneur par exemple réussir à placer son produit très avantageusement dans un réseau de distribution existant hautement concurrentiel ou pour un ingénieur en mécanique l’invention de la machine qui s’auto-répare ou mieux qui s’autorégule. Totale créativité grâce à laquelle un individu parvenu à l’âge adulte et surtout un groupe est à même de maîtriser son destin ; en cela, quel qu’en soit le pays, ce groupe est au cœur des centres de décisions de sa société, à la tête des structures créatrices de richesses et de bonheur (administrations publiques, entreprises, associations, familles,…) et, capital, il contrôle la répartition des revenus. Insistons sur la nécessité d’une forte présence à la tête du tissu économique, au centre du gros actionnariat, pour tout groupe qui veut de nos jours maîtriser son existence et être influent dans sa société ; cette présence est une des manifestations les plus significatives, les plus éloquentes de la créativité et de l’influence d’un groupe à notre époque.

La séquence « estime de soi, confiance en soi, totale créativité » est du même type que celle « conscience historique africaine, Renaissance Africaine », à ceci près que le premier enchaînement est d’ordre individuel, alors que le second d’ordre collectif.

Parfaitement remplie, la mission d’assurer à la génération naissante et montante la pleine connaissance de soi contribuera à mettre fin à la trop longue succession des générations sans conscience historique et de ce fait qui subissent l’histoire depuis près de 2 500 ans, date de la chute définitive de l’Egypte pharaonique suivie des migrations ou fuites massives des Africains de la vallée du Nil –Terre de leurs Ancêtres- vers l’actuelle Afrique subsaharienne.

Cette génération pourra être en mesure de recommencer à faire l’Histoire, à la manière de leurs illustres ancêtres dès la plus haute antiquité -plus de 6 000 ans avant notre époque actuelle- dans la vallée du Nil : les Africains antiques ont tout d’abord élevé de prestigieuses civilisations au Soudan antique dès l’époque du Nagada (6 000 ans avant l’ère chrétienne), ensuite en Egypte pharaonique également, fille du Soudan antique. Ainsi, l’actuelle génération naissante et montante sera la première génération d’Excellence depuis Taharka, Shabaka, Piankhi ou les Kandaka.

La vraie histoire de l’Afrique a pour principal fondement les travaux et réflexions du professeur Cheikh Anta DIOP (1923-1986, Sénégal), sans nul doute le plus grand penseur du XX ème siècle, incomparable savant multidisciplinaire : physicien-chimiste à la base, il étend très vite ses compétences aux sciences humaines, notamment à l’histoire, à la pré-histoire et même à la paléo-histoire, à l’égyptologie, à la linguistique, à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie, à la géopolitique, à l’épistémologie. Son érudition tend de manière manifeste à l’exhaustivité. Retenons que le professeur Cheikh Anta DIOP est le principal initiateur des travaux scientifiques démontrant que l’Afrique est le « berceau et le lit de la Civilisation ».

Notons au passage cette bizarrerie, ce paradoxe, apparent pour le profane : la plus grande université du Sénégal, à Dakar, porte le nom du professeur Cheikh Anta DIOP, cependant les travaux de celui-ci ne sont nullement au programme des écoles et des universités –sauf au département d’histoire ancienne- de ce pays ; dans les systèmes éducatifs du reste de l’Afrique, ces travaux sont d’ailleurs également ignorés. Ceci ne peut davantage rester en l’état, il en va de notre humanité.

C’est par conséquent sur la base des travaux du professeur Cheikh Anta DIOP et de ses continuateurs -dont l’éminent professeur Théophile Mwené Ndzalé OBENGA, son premier collaborateur- que les éditions MAKEDA SABAS définissent le programme suivant : dans les prochaines années, chaque enfant doit savoir que l’Afrique est non seulement le « berceau et le lit de l’Humanité », mais également le « berceau et le lit de la Civilisation ». Chaque enfant saura donc que « l’Afrique n’a donc pas été seulement le lieu d’émergence ou de naissance (berceau) de l’Humanité et de la Civilisation, mais qu’elle a été aussi leur lieu de plein développement (lit)». Cette précision permet de mettre un point final à l’idée foncièrement fausse diffusée depuis trois décennies par l’Occident selon laquelle l’humanité naît en Afrique, mais c’est en dehors de l’Afrique, avec l’émergence du Cro- magnon -l’homme blanc- que l’humanité atteint son potentiel intellectuel maximum et donc entrera dans la Civilisation. Aucune équipe d’architectes-ingénieurs au monde aujourd’hui n’est en mesure de reconstituer le processus de construction de la pyramide de Khéops ; on n’a pas fait mieux en matière de calendrier que le calendrier d’Egypte antique identifié 6252 années avant l’année chrétienne 2016 et dont découlent tous les calendriers juif, chrétien, musulman et autres ; les Africains dès la plus haute antiquité dans la vallée du Nil pratiquaient des opération chirurgicales au niveau du cerveau (voir la civilisation de Nagada avec les Shemsu Hor), connaissaient parfaitement le système solaire et bien au-delà l’étoile Sirius ; etc.

Ce programme implique de donner la priorité à la réalisation d’ouvrages pour enfants « dès le berceau » et même avant : livres en papier, livres numériques, jeux de cartes éducatifs, jeux vidéos instructifs, calendriers, DVD, de tee-shirts, … Ce programme implique donc en amont l’éclosion d’une multitude d’auteurs, d’éditeurs ou de collections de ce type d’ouvrages, ainsi que la création de stations radios et de chaînes de télévisions ou d’émissions, de sites internet et intranet promouvant ce programme. Simultanément, dans le prolongement de la cellule de base qu’est la famille, il convient de développer et de multiplier les structures d’encadrement d’enfants sous la forme d’administrations publiques et d’associations dans lesquelles ces ouvrages seront exploités, comme le font d’ores et déjà par exemple les associations pionnières « Nation Kamit », « Apprends-moi à comprendre », « Maesha Kwanzaa », « Nappy party », associations capitales dont la naissance est pour l’essentiel le fruit de réflexions de femmes ; ce dernier fait est significatif, quand on sait que l’Afrique souveraine était caractérisée par le matriarcat. En fait, ce sont de véritables structures scolaires qu’il convient de développer, à la manière de nombreuses écoles privées communautaires ou cultuelles existant dans nos villes.

Programme dont la mise en œuvre requiert la contribution de toutes les bonnes volontés en Afrique, au sein de l’Afrodescendance et au-delà. Programme, en fait, à travers lequel les adultes se mettent réellement au service des enfants, pour moins se percevoir comme « une fin en soi » dans la quête de la connaissance : nous, les aînés, devons apprendre pour transmettre systématiquement et massivement en priorité aux plus jeunes. Chaque adulte véritablement responsable devrait prendre en charge directement ou indirectement au moins un enfant, par exemple en participant au financement d’un jardin d’enfants dans son quartier.

Insistons sur cet aspect fondamental. L’éducation de la génération naissante et montante doit avoir en son centre ces travaux soulignant le rôle d’initiation et de développement à son plus haut point de la Civilisation par les Négro-Africains le long de la vallée du Nil plus de 6 000 ans avant l’époque actuelle : dès la plus haute antiquité, l’Afrique invente l’écriture, les mathématiques, l’écriture, les sciences, l’agriculture, la médecine, l’architecture, l’astronomie, le monothéisme, et caetera. Cette éducation doit être comprise dans son sens large : bien entendu scolaire, mais aussi et même avant tout familiale. L’éducation familiale commence avant l’éducation scolaire et elle se poursuit théoriquement jusqu’à la majorité de l’enfant ; c’est par conséquent dans la cellule familiale prioritairement que le rôle de l’Afrique, berceau et lit de l’Humanité comme de la Civilisation, doit être présenté. Cet aspect fondamental de l’éducation familiale est d’autant plus indispensable aujourd’hui que les systèmes éducatifs nationaux, y compris sur la totalité du continent africain (du Sénégal à la Somalie, de la Tunisie à l’Afrique du sud), ce qui est ahurissant, continuent d’ignorer le rôle civilisateur de l’Afrique noire au sein de l’Humanité tout entière. Dans l’attente militante que ce fait historique majeur soit intégré dans les écoles et universités, c’est sur les familles, renforcées par l’action des associations, que repose la responsabilité de l’enseignement du rôle initiateur et élévateur de l’Afrique dans la Civilisation.

La Civilisation est un concept galvaudé dans nos sociétés. La Civilisation est fréquemment principalement perçue comme « hautes réalisations matérielles ou technologiques », telles l’invention de l’i-phone, d’Internet, du drone, d’un logiciel d’optimisation d’un portefeuille d’actions en bourse ou la construction de la tour la plus haute du monde. En vérité, la Civilisation est avant tout l’expression de relations apaisées, pacifiques entre les êtres ; en cela, elle octroie la Dignité à chacune, à chacun au sein de sa société, quels que soient son sexe, ses origines, sa spiritualité, ses facultés mentales et physiques, etc.

A cette fin, le partage équitable ou juste des richesses et le dialogue entre les cultures sont placés au centre du projet de civilisation. Comprenons par là que ce projet se situe aux antipodes du projet actuellement dominant caractérisé par la concurrence, la compétition, la guerre de tous contre tous et toutes sortes de guerres dont la guerre économique et la lutte des classes, la domination culturelle, …, tout cela avec leur cortège de dégâts sociaux et environnementaux inhérents : immense pauvreté et son lot de migrations, guerres militaires entretenues, pollutions, arsenaux nucléaires, amoncellement de déchets nucléaires, épuisement des ressources naturelles hypothéquant l’avenir des générations futures, multiplication des maladies de toutes sortes et des morts subites ou accélérées, etc..

La Civilisation vue comme « Dignité pour toute l’Humanité » est en tout cas le projet de vie que l’Afrique, plus de 6 000 ans avant l’époque actuelle, le long de la vallée du Nil (au Soudan antique des Shemsu Hor puis également en Egypte antique, sa fille), a proposé au monde et continue de lui proposer. Ce projet est contenu dans le concept de la « MAÂT », Déesse, Valeur centrale de la spiritualité ou science africaine synthétisant l’ordre, l’équilibre du monde, l’harmonie, la paix, la vérité, la justice. Ce projet constitue la substantifique moelle du message du professeur Cheikh Anta DIOP ; message qu’il a notamment exprimé dans son livre-pyramidion : « Civilisation ou Barbarie », aux éditions Présence Africaine. Ce livre est une invitation à tourner le dos à la barbarie, afin que l’humanité aille, unie, vers la Civilisation. Par là, le professeur Cheikh Anta DIOP entend montrer que ses travaux sur l’histoire sont résolument tournés vers la jeunesse, vers l’Avenir, vers un avenir meilleur pour toute l’Humanité.

Au fond, à travers l’éveil précoce des nouvelles générations, l’ambition des éditions MAKEDA SABAS annonce le retour de l’Afrique et de l’Afrodescendance dans l’univers de l’Excellence, de la totale Créativité ou Inventivité, au cœur du XXI ème siècle, en solution à la dérive individualiste et guerrière actuelle de notre monde.

« Nos Enfants sont notre Raison de vivre, ils méritent l’Excellence »
« Nos Enfants sont notre Raison de lire, ils méritent l’Excellence »


(2) Afrodescendance : néologisme, à notre connaissance, élaboré par Kam Kama SABAS MAKEDA MAKANDA au cours de l’année 2014. « Afrodescendance » est, il va de soi, issu du terme préexistant « Afrodescendant,e » (nom ou adjectif). « Afrodescendance » est à « Afrique », ce que « Afrodescendant,e » est à « Africain, e » ; autrement dit, l’Afrodescendance est un espace géographique et culturel, en dehors de l’Afrique, composé de descendants d’Africains. Pour son auteur, ce terme présente notamment le haut intérêt de souligner, sans liaison avec la Bible, la forte influence de l’Afrique en dehors de l’Afrique : ainsi par exemple « l’Amérique latine » peut être tout aussi bien dénommée « l’Amérique africaine », en raison de la marque indéniable de l’Afrique dans cette partie du monde. L’expression « Diaspora africaine » encore souvent utilisée désigne un groupe de personnes et non un espace d’une part ; d’autre part cette expression est connotée bibliquement, alors que la culture africaine est très antérieure à la culture biblique ; c’est elle d’ailleurs qui est la première de toutes.

(3) Conférer les nombreux ouvrages du professeur Cheikh Anta DIOP notamment aux éditions Présence Africaine. Mais aussi et surtout l’ouvrage édité par l’UNESCO « Le peuplement de l’Egypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique », collection Histoire générale de l’Afrique, Etudes et documents. Le haut intérêt de ce dernier ouvrage est qu’il fait état d’un débat contradictoire (un « face à face ») de trois jours –du 28 janvier au 1er mars 1974- au plus haut niveau, organisé par l’UNESCO au Caire (Egypte), entre Cheikh Anta DIOP, accompagné du professeur Théophile Mwené Ndzalé OBENGA, et ses nombreux contradicteurs représentés par leurs experts les plus compétents et les plus courageux (ou inconscients). Nous attirons l’attention sur le fait que ce livre édité par l’UNESCO est actuellement pratiquement introuvable, y compris à la librairie du siège de l’UNESCO à Paris, 7 place de Fontenoy. Est-ce parce que son contenu est trop dérangeant pour l’Establishment en mentionnant explicitement le fait que les plus éminents contradicteurs du professeur DIOP ont reconnu que la thèse d’une Egypte pharaonique négro-africaine est de manière très nette la plus fondée ?

(4) Cf par exemple un des esprits les plus éclairés des « Lumières », Montesquieu, dans « L’esprit des lois », chapitre 15 « De l’esclavage des Nègres » : … Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si … »

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